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Publié le 17 février 2005
Rédigé par Performance opérationnelle

Le RFID, encore des défis à l'horizon

Article publié sur le site lesaffaires.com
Performance opérationnelle

De nombreuses compagnies au Québec se demandent si le phénomène RFID (« Radio Frequency Identification ») les concerne et à quel moment elles devront aller de l’avant.

En effet, les questions précises sur les bénéfices et les défis d’intégration de cette technologie sont encore loin d’être évidentes à répondre.

Le phénomène RFID

Le RFID nous entoure tous les jours un peu plus et parfois même à notre insu. Par exemple, en Europe, aux péages de certaines autoroutes, ou, plus près de nous, chez certaines pétrolières qui proposent des modes de paiement utilisant une puce RFID accrochée à votre porte-clefs.

Cette technologie n’est pourtant pas nouvelle; elle fut employée durant la Seconde Guerre mondiale par la Grande-Bretagne pour distinguer les avions alliés de ceux de l’ennemi.

Ce qui est nouveau, ce sont les nombreuses applications que des industriels et des universitaires sont en train d’inventer, principalement dans la chaîne d’approvisionnement. Le RFID permet d’avoir une visibilité sur la circulation des marchandises dans les magasins et dans les centres de distribution, assurant du même coup une augmentation de l’efficacité de certaines opérations.

L’intérêt pour le RFID s’est surtout intensifié depuis que Wal-Mart eut exigé, pour le début de l’année 2005, que ses cent plus gros fournisseurs apposent des étiquettes RFID sur les caisses et les palettes.

Or, bien que tous nos yeux soient rivés sur l’histoire de réussite de Wal-Mart, il serait imprudent de reposer nos propres projets d’implantation sur le succès d’autres compagnies. En effet, la technologie RFID ne convient pas à toutes les entreprises et en être informer c’est éviter bien des déceptions.

Des bénéfices, il y en a… mais pour qui?

Les bénéfices du RFID sont tributaires du degré de maturité des entreprises. Ainsi, à moins d’être forcé de faire le grand saut par un grand détaillant, assurez-vous de bien comprendre les bénéfices d’affaires pour VOTRE entreprise, surtout si la technologie RF/codes à barres est déjà en place.

La fonction réception et expédition dans les centres de distribution sont les deux opérations les plus souvent citées susceptibles de profiter grandement du RFID. À l’aide de lecteurs en forme d’arche installés aux quais, la technologie RFID permet de lire automatiquement le contenu des palettes dès leur arrivée. En revanche, avec le code à barre, on doit balayer les boîtes une à une pour savoir ce que contient une palette. Ainsi, la technologie RFID évite un grand nombre de « scans » et permet de réaliser une économie de main-d'œuvre importante.

On comprend aisément qu’une opération de distribution dite « flow through » (les palettes sortent vers leur destination finale le jour même de leur entrée) entraînera plus de bénéfices qu’une opération traditionnelle (réception, mise en localisation et prélèvement), où le contrôle de la qualité à l’unité serait important.

La disparition du code à barres et la supplantation de celle-ci par le RFID ne sont pas pour demain. Le RFID et le code à barres vont coexister encore pour un certain temps, ne serait-ce que pour gérer des transactions à l’unité.

Cela a pris une vingtaine d’années pour que le code à barres soit utilisé efficacement dans nos entreprises. Il est à espérer que ce ne sera pas aussi long pour le RFID.

Encore des défis à l’horizon…

Certains défis demeurent et sont autant de freins à l’expansion du RFID, parmi lesquels on retrouve le coût. En effet, le coût d’une étiquette dite passive (l’étiquette reçoit son énergie d’un lecteur externe) peut varier entre 0,10 $ et 0,20 $. Même si les coûts sont amenés à diminuer, personne ne peut prédire à quel rythme. Toutefois, une démocratisation de la technologie devrait, selon certains experts, faire descendre le coût à 0,05 $.

Certaines situations rendent même cette technologie encore impraticable. Effectivement, la performance des lecteurs n’est pas à toute épreuve. La lecture multiple d’étiquettes simultanément paraît encore plus un souhait qu’une réalité. La distance, l’orientation, certains matériaux comme le métal et l’eau, et la vitesse de déplacement des étiquettes peuvent affecter la qualité de la lecture.

Ne vous laissez donc pas séduire, de prime abord, par des démonstrations du RFID faites dans un environnement contrôlé. Les conditions ambiantes et les spécificités de votre entreprise pourraient engendrer des réactions différentes. Une étude de site s’impose alors.

Conclusion

Bien que tout le monde s’accorde à dire que le RFID va révolutionner la gestion de la chaîne d’approvisionnement dans les années à venir, sa pénétration dans nos entreprises reste encore limitée, principalement en raison des barrières de coût, des limitations de performance ou des défis technologiques.

Cependant, nos entreprises québécoises ne peuvent ignorer cette technologie, au risque de perdre leur position concurrentielle. Elles doivent amorcer une réflexion stratégique sur le sujet et s’attendre à une refonte en profondeur de leurs processus actuels.

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